Bouygues et la Surtaxe : Craintes et Perspectives Économiques

Published03/02/2026

Le groupe Bouygues se montre préoccupé par la reconduction de la contribution exceptionnelle imposée aux grandes entreprises, une mesure initialement prévue comme temporaire. Cette taxe, qui a déjà réduit les bénéfices de l'entreprise en 2025, pourrait perdurer, ce qui soulève des interrogations quant à son impact à long terme sur l'économie et la capacité d'investissement des grands groupes. Cette situation intervient dans un contexte économique tendu où la répartition des charges fiscales est un sujet central.

La contribution exceptionnelle pour les sociétés à fort chiffre d'affaires, initiée dans le cadre de la loi de finances 2025, est reconduite pour l'année 2026. Cette imposition est calculée sur la base des bénéfices générés en 2024 et 2025. Elle se monte à 20,6% pour les entreprises dont le chiffre d'affaires est inférieur à trois milliards d'euros, et atteint 41,2% pour celles qui dépassent ce seuil. Olivier Roussat, dirigeant de Bouygues, a fait part de son appréhension face à un éventuel maintien de cette mesure en 2027, soulignant que ce qui était présenté comme « exceptionnel » semble en réalité s'inscrire dans la durée.

M. Roussat argumente qu'une telle taxation prolongée pourrait freiner la création de richesses par les entreprises, estimant que ces dernières sont mieux placées que l'État pour investir efficacement. En 2025, les bénéfices de Bouygues ont été amputés de 69 millions d'euros en raison de cette surtaxe, ramenant le résultat net à 1,138 milliard d'euros. Cette situation contraste avec la dynamique du groupe, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 56,9 milliards d'euros en 2025, en grande partie grâce à sa branche Construction, notamment avec Colas et Bouygues Construction.

En parallèle de ces défis financiers, Bouygues Construction et Etex (via Siniat) ont récemment annoncé une collaboration visant à promouvoir une cloison séparative non porteuse à ossature bois. Cette innovation, validée par le CSTB, est saluée pour ses performances équivalentes aux solutions traditionnelles en matière d'acoustique, de résistance au feu et de sécurité, tout en réduisant considérablement l'empreinte carbone grâce à l'utilisation de bois et d'isolants biosourcés. Frédéric Guetin, directeur général d'Etex France Building Performance, a mis en avant l'engagement de son entreprise envers la circularité et la décarbonation avec des gammes de produits comme Viva et VivaCycle®.

Ces initiatives, combinées aux chiffres d'affaires des différentes divisions de Bouygues, illustrent la complexité des enjeux économiques et environnementaux auxquels les grandes entreprises sont confrontées. Tandis que le groupe cherche à innover et à maintenir sa croissance, la politique fiscale demeure un facteur clé influençant ses stratégies et ses résultats financiers. La pérennité de cette surtaxe pourrait ainsi continuer de peser sur la planification à long terme de Bouygues et, par extension, sur le secteur de la construction.

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